Le thème naturaliste de ma production met en
œuvre des plumes, piments et pigments confrontés à d’autres dérivés végétaux.
Cette exposition entend porter l’accent sur
les lignes développées par ronces et rosiers via les boucles et les volutes développant
au hasard des pleins et déliés quantité d’entrelacs calligraphiques aussi
improbables que les traces inscrites par l’encre dans le sillage de la plume.
Cette approche organique se propose d’explorer
le potentiel plastique de la plume. Tandis que laprovenance du parc de la Bourbansais oriente le regard vers
l’esthétique intrinsèque, l’intérêt formel vadifféremment sur la multitude des combinaisons offertes par
celle-ci, notamment typographiques et sémiotiques en termes de matière… à dire,
à écrire, voire à parapher.
Par ses capacités graphiques, la plume, à sa
fonction d’outil, ajoute celle de l’écriture, et se pose ainsi doublement comme
vecteur de communication. Ce en quoi ces deux traitements complémentaires de la
plume et de sa trace - celle-ci fût-elle d’ordre végétal - répondent en écho à la
même nécessité de vouloir dire. Car vouloir dire, c’est faire exister (cf. J.
Gagnepain).
En outre, la présence de retables et
miniatures recèle des échantillons précieux d’épices et de pigments, dont
odeurs et couleurs exhalent des images porteuses d’expéditions au charme
exotique, pour autant que leurs parfums captent la promesse d’horizons
lointains temporairement figés dans la somnolence des compositions. La présentation
séquencée sous la forme de triptyques grâce à leurs volets amorce un début de récit.
Cette mise en scène obéit à la même volonté
didactique suggérée par la plume et participe de ce sens narratif